Les 8èmes « Rencontres internationales de Sculpture monumentale » accueilleront, en 2026, six sculpteurs qui créeront, chacun et trois semaines durant, une oeuvre monumentale extraite d’un bloc de pierre issu des carrières sonégiennes.
La thématique de l’appel à projets 2026 était “le temps qui passe”.
Lors de cette édition 2026, 15 projets venant des 4 coins du monde ont été déposés. Vu leur, qualité, le travail du jury a été particulièrement difficile. Les six artistes sélectionné.e.s pour 2026 nous viennent d’Espagne, d’Iran, du Sénégal de France et de Belgique.
Manon HUGUENIN (Belgique)

Née dans le Jura suisse a découvert la pierre en cherchant des fossiles dans les calloux et a été émerveillée en découvrant qu’il s’agissait d’animaux vivant il y a bien longtemps dans un milieu qui était alors le fond de l’océan. S’installant, bien plus tard en Flandres, au bord de la mer du Nord, elle n’a eu de cesse d’admirer, le long des plages, les laisses de mer, les algues échouées, les bois flottés, les innombrables coquilles, les silex, les vagues sur le sable… Les spirales internes des escargots de mer lui ont inspiré plusieurs sculptures.
A Bruges, elle a appris la taille de la pierre et a travaillé dans la restauration du patrimoine architectural, faisant ainsi connaissance avec la pierre bleue… Elle y a retrouvé les fossiles et son émerveillement d’enfant devant ces traces de vie pétrifiée.
Elle a participé à de nombreux symposiums : Sprimont, Durbuy, Rotterdam, Slovénie, Irlande…
Le projet : « Spirale fossile »

Ce projet consiste en un fragment de coquille échouée, témoignage d’une vie passée, dans un bloc de pierre bleue, roche sédimentaire témoignant de la vie à une époque lointaine. Le temps passe et laissera aussi des traces de son passage sur la sculpture : lichens, mousses et une flaque de pluie où pourront venir boire les oiseaux…
Pedro JORDAN (Espagne)

Sculpteur professionnel espagnol, Pedro Jordan participe depuis longtemps à des symposiums, des rencontres et des activités relatives au monde de la sculpture. Il a suivi les cours de sculpture à l’Université Carlos III de Madrid et à l’Académie privée de sculpture Gomez Ascaso de Saragosse. Il aime particulièrement les rencontres avec les autres sculpteurs et découvrir la diversité des pierres à travers le monde. Il a exposé ses œuvres en Espagne, aux Etats-Unis et en Allemagne. Il a également participé à des symposiums en Espagne, au Canada, en Chine, en Russie, au Danemark, en Italie, en France, en Turquie, en Allemagne, en Suisse, en Roumanie, à Chypre, en Israël, en République Tchèque et en Egypte.
Le projet : «Developing »

Inspiré par le monde végétal et la nature, ce projet entend montrer le potentiel de développement, cherchant l’air et la lumière en concurrence avec les autres végétaux.
Parfois, sous terre, ils ont des difficultés et doivent adapter leur croissance dans un chemin en spirale.
`Dans cette composition, l’importance est de combiner surfaces propres et textures douces.
Ismaila NIANG (Sénégal)

Ismaila Niang a suivi des formations en sculpture avec Babacar Niang, son père, artiste sénégalais puis auprès du maître sculpteur Ky Siriki. Dans son travail, il parle du temps, de la mémoire et de ce qu’on transmet. Il aime aussi lier la sculpture et la musique, parce que la musique transmet des messages. Il a participé à de nombreux événements dont le symposium de Laongo au Burkina Faso.
Le projet : “Fatilikou” ( “Se souvenir” )

Ce projet parle du temps qui passe et de la mémoire. Pour l’artiste, le temps, ce n’est pas seulement les heures ou les années, c’est aussi les souvenirs qu’on garde et les messages qu’on transmet.
Dans cette sculpture, les livres représentent le savoir, l’histoire, la mémoire. La guitare symbolise la musique en tant que langage car elle raconte des histoires, transmet des messages et traverse le temps. le trou, le vide sur cette guitare représente le passage du temps mais aussi ce qu’on ne voit pas, les choses cachées. Sur le sommet de la guitare, figure un symbole africain, le “petaw” qui était utilisé comme monnaie d’échange. Cet objet symbolique est utilisé pour voir certaines choses du passé ou de l’avenir mais aussi comme protection. Dans cette oeuvre, il représente ce qui est caché. Se retrouve dans l’oeuvre une montre réglée à 00h05 qui représente un nouveau départL Le chiffre 5 fait référence aux 5 continents car le temps est universel.
A travers cette sculpture, l’artiste entend montrer que le temps passe mais que les messages, la musique et le savoir restent et continuent de vivre.
Sylvain PATTE (Belgique)

Sylvain Patte a étudié la sculpture ornementale en Belgique, puis a exploré la danse et le design, constamment à la recherche de la beauté et de l’équilibre des mouvements. En 2007, il découvre la pierre et décide de se consacrer principalement à la sculpture sur pierre. Il a participé à de nombreux symposiums internationaux : Belgique, France, Canada, Turquie, Arabie Saoudite, Egypte, Nouvelle Zélande, Inde, Chine… Ses sculptures peuvent s’apprécier dans de nombreuses villes à travers le monde. Il travaille également sur des projets d’embellissement de lieux publics et de restauration du patrimoine. Son travail naît d’une observation de la nature, de l’architecture contemporaine et des rapports de force et de proportions naturellement présents sur terre et dans l’univers. Il est souvent inspiré par des techniques de pliage de papier ou de matériaux souples, ce qui donne à l’œuvre une forme improbable, souvent paradoxale.
Le projet : « The burden of origins »

La pierre brute est mise à l’honneur comme symbole du temps immuable et de la nature originelle. En contraste, le travail de l’homme s’inscrit en dessous, révélant une intervention fragile et passagère. Cette oeuvre questionne la place de l’humain face à ce qui le dépasse, entre transformation et humilité.
Enayat SAHREI ( Iran )

Cet artiste iranien a fait des études d’arts et de sculpture à l’University of Art de Tehéran. Il donne régulièrement des cours de sculpture et a participé à de nombreux symposiums, principalement en Iran mais aussi à Oman. Il a également obtenu de nombreux prix de sculpture.
Le projet : ” What the shadow remember”

Cette sculpture explore la tranquillité, mouvement continu du temps et force invisible rendue tangible par la forme et le mouvement. Sculpté en géométries concentriques répétitives, l’objet ressemble à un artefact à la fois ancien et futuriste, suggérant que le temps se tortille plutôt que de se mouvoir en ligne droite.
Bien que faite de pierre, matériau associé à la permanence, la sculpture invite le spectateur à le faire pivoter. Chaque rotation modifie le jeu d’ombres et de lumière à sa surface, révélant de nouveaux motifs tout en effaçant les précédents. Ce qui paraît solide devient éphémère. Chaque rotation devient un témoignage de la façon dont le temps altère la perception : la même forme mais pourtant jamais la même image…
En confiant la responsabilité du mouvement au public, l’œuvre devient une performance partagée du passage du temps. La sculpture ne se contente pas de représenter le temps, elle requiert du temps et la participation du spectateur pour s’accomplir pleinement.
Ainsi, l’œuvre nous rappelle que le temps ne se mesure pas seulement avec les horloges et les calendriers, mais aussi via nos propres mouvements, notre attention et notre toucher. C’est un continuum vivant qui se remodèle à chaque instant où nous interagissons avec lui.
Emmanuel Sellier ( France )

Artiste français, sculpteur et modeleur, Emmanuel Sellier travaille la pierre, le marbre, le bronze et la terre avec la même exigence du geste et de la matière. Encouragé très tôt par son père, sculpteur modeleur et fondeur, il se forme d’abord en 1992 à la taille de pierre auprès des Compagnons du Tour de France, puis à la sculpture dans l’école Saint-Lambert à Paris, avant de collaborer avec des sculpteurs ornemanistes et statuaires pour les monuments historiques. Son parcours s’est construit entre tradition et création, mêlant la rigueur de l’artisanat à la liberté de l’artiste contemporain.
S’il revendique pleinement l’héritage traditionnel de la sculpture figurative, cela ne l’a pas dispensé d’explorer des formes plus contemporaines — comme pour rappeler que si la figuration conduit souvent à l’abstraction, l’inverse est tout aussi vrai.
Il a participé à plusieurs symposiums internationaux, notamment à Sprimont, Béziers, Gennes ou Saint-Michel-de-Chaveignes, où il sculpte en direct des statues monumentales en pierre ou en marbre.
Parmi ses commandes figurent les sculptures d’Angela Merkel (Stralsund, Allemagne), d’Emmy Steiner (Pfäffikon, Suisse), de Siegfrid Khül (Berlin), de Trude Herr (Cologne), de Manu Dibango (Le Mans), de J.L. Boncoeur (La Châtre), de J. Bischoff (Colmar), ou encore le monument en bronze de Jacques de Bollardière à Carhaix.
Lauréat du premier prix au concours de sculpture de Saint-Maximin (Oise) et du premier prix au concours des Compagnons tailleurs de pierre de Junas, son savoir faire est maintenant bien reconnu par ses pairs. C’est la raison pour laquelle il se consacre autant à la transmission. Avant de créer le Sculptorium, centre de formation professionnelle dédié à la sculpture, il enseigna aux Beaux-Arts de Tours et à la Forepabe, où il a conçu le titre national de Sculpteur ornemaniste sur pierre, enregistré au RNCP.
Installé aujourd’hui dans sa Touraine natale, sur les bords de Loire, il poursuit sa recherche portée par une esthétique soignée et sensible. Dans son atelier semi-troglodyte, il reçoit clients et élèves pour partager un savoir-faire pour lequel il affirme n’être qu’un passeur, une tradition vivante n’appartenant vraiment qu’à la sculpture elle-même.
Le projet : “L’enfant intérieur”

A l’idée que le temps nous conduit inexorablement vers le déclin, l’artiste préfère espérer que c’est une opportunité de retirer les masques sociaux que nous construisons inconsciemment. Le temps qui passe devient alors une chance de retrouver son enfant intérieur.
Ce projet illustre ce mécanisme de reconnexion : alors que le visage de l’adulte semble tomber dans une froide torpeur, il s’effrite en gros éclats pour laisser émerger la lumière de la vie qu’il était venu incarner à l’origine.
